L'Histoire de Mériler
Mériler, de ses débuts à notre ère
- De l'An 0 à la date de la Première Monarchie - 127 -
Dans les archives,
l'histoire de la planète Mériler ne remonte qu'au plus loin à
la date de l'an 0. A vrai dire, on soupçonne quelques religieux
d'avoir supprimé les écrits relatant des évènements datant
d'avant cette date, mais ceci ne sont que des suppositions et des
théories du complot dont se rassasient les médisants.
L'An 0 est décrit comme un tournant majeur dans l'évolution de Mériler. Décrite comme étant auparavant une terre remplie de créatures barbares au sang impur, la planète aurait été menée à évoluer par l'arrivée de la religion et du panthéon divin mérilien. Des temples et des religions diverses furent élevés pour la grâce des dieux. Des prêtres et de fidèles commencèrent à se rassembler, c'était là le début de l'âge d'or. Les récoltes furent à cette période les plus riches et on en attribua tous les mérites à la grâce qu'octroyaient les dieux à leurs humains préférés. Mais en vérité, c'est une explication bien plus logique et scientifique, qui bien plus tard, expliqua la raison de cette fertilité abondante des sols. Les terres n'ayant jamais été exploitées et Mériler étant réputée pour ses sols enclins à l'agriculture, les récoltes ne pouvaient alors qu'être bonnes.
Cette période fût alors connue dans les mémoires pour être florissante et surtout, promise à un avenir radieux. Cependant, une représentante royale, venue d'une île éloignée du continent principal, en avait visiblement décidé autrement. Âgée à l'époque de seulement vingt-deux ans, la jeune femme avait eu vent des récentes réussites du continent en matière de richesse et de prospérité, et avait choisi de s'en aller pour en profiter également.
Erh'Yssa de Menn, c'était son nom. On ne sait d'elle ni sa race ni son clan, mais on lui connaissait sa rage de vaincre et son absence de pitié.
Menant une guerre globale contre le continent, elle soumit les territoires sauvages et s'en fit d'incroyables alliés, retournant les terres qui commençaient à peine à se développer, prenant ainsi sans mal le pouvoir sur une large partie de Mériler. Elle instaura ainsi une dictature, qu'elle préférait nommer «Première Monarchie». Elle tirait les ficelles d'une poigne de fer et son peuple était entravé dans les dettes qui s'accumulaient à une vitesse folle ainsi que par les meurtres commis de sang froid et ordonnés par la reine elle-même. Ils étaient réalisés à l'encontre de tous ceux qui relevaient ses paroles, se montraient rebelles ou comploteurs, ou encore, qui refusaient de lui vouer le culte qu'elle avait elle-même instauré dans le but d'honorer sa grandeur. Cette période fût mise à terre par le bras droit qu'avait choisit la reine Erh'Yssa. Grand croyant et noble d'âme, l'homme avait pris la décision de mettre fin au règne de la dictatrice, choisissant de l'empoisonner dans son sommeil avec de la poudre de Sciris.
Ce poison, une fois saupoudré sur les lèvres de la victime, provoquait la nécrose du corps en commençant par la bouche, puis le cerveau et la gorge, jusqu'au reste du corps. La reine mourut ainsi, pourrit et asphyxiée durant son repos.
L'homme se nommait Kérion, on sait de lui qu'il était anciennement prêtre avant de devenir guerrier et bras droit d'Erh'Yssa. Il fût nommer Le Libérateur mais refusa cependant le trône auquel le peuple le destinait. Il y fit monter à sa place son fils : Moko. Ainsi s'instaura la date du Premier Empire.
- Du Premier empire ( en l'An 127 ) au Second Empire ( en l'An 140 ) -
L'Empereur Moko, jusque là âgé de seulement onze ans, monta donc au trône. La dictature monarchique d'Erh'Yssa étant mise à bas, le royaume tout juste naissant de Mériler se redressa lentement. Étant de la race des Zugiyes, l'Empereur se fit bien vite respecter par le peuple. Aussi bien pour ses stratégies remarquables que pour sa bonté envers chacun de ses serviteurs, il parvint à amadouer les populations, les rassurant sur son nouveau statut non similaire à celui de l'ancienne dirigeante.
Il redressa alors l'économie, fortifia les villes et forma de nouveaux soldats. Il instaura une ère de paix et d'égalité. Il offrit aux peuples les plus reculés, le moyen de collaborer avec le nouveau royaume, sans pour autant les mettre dans l'obligation de se délocaliser. Il rebaptisa alors ce nouvel empire «Novaya», signifiant dans sa langue «Nouvelle Naissance».
Les années de paix et de prospérité se suivirent et l'Empereur Moko fût bien vite en âge de se marier. Il était jusqu'à présent secondé de son père et d'un précepteur, du nom d'Anask, qu'il avait lui-même choisit parmi les serviteurs du domaine.
Auparavant, Anask était palefrenier. Mais c'est un jour, surprit à dérober quelques livres de réflexion dans la bibliothèque royale que la curiosité de Moko fût piquée. Le palefrenier venait en vérité, tous les deux jours, prenant quelques livres et reposant ceux empruntés les jours précédents. Étant donné que peu de personnes utilisaient la bibliothèque, le vol ne fût jamais découvert. Moko suivit et observa longtemps le palefrenier. En vérité intelligent et cultivé, l'Empereur prenait plaisir à l'écouter débattre sur des sujets philosophiques, assis seul dans la paille des étables, entre quelques chevaux, chimères, griffons et rocs, qui étaient déjà à cette époque, les montures des figures royales.
C'est un jour, bien plus passionné par ces paroles que les autres jours, que Moko décida de surprendre le palefrenier en plein acte. Il lui demanda alors, avec admiration, de devenir son précepteur pour lui inculquer toutes les connaissances du monde. Le jeune homme qu'était Anask n'avait jamais été jusque là reconnu pour sa réflexion et ses mots, et c'est avec empressement qu'il accepta de bon cœur la proposition de l'Empereur. C'est donc ainsi que les deux jeunes gens se retrouvèrent liés par leur statut.
Cependant, comme dit plus haut, il était temps pour Moko de se trouver une compagne, avec qui il pourrait assurer une descendance au trône ainsi qu'une partenaire à ses décisions.
Mais l'Empereur en décida autrement. Malgré toutes ses promesses à son père, le jeune homme était tombé sous le charme de son précepteur, dont la jeunesse et la douceur lui avait fait battre le cœur. La rumeur courra très vite et le peuple se divisa bien vite : d'un côté les Rondins, prônant la lignée pure que devait représenter la famille royale; et de l'autre, les Dépoilus, à qui une union homosexuelle semblait être la solution. Cependant ce fût le paternel qui eut le dernier mot. Il fit exécuter Anask en public, le tenant enchaîné à un poteau de fer tandis d'une meute de chien était lancée sur lui. Moko fût obligé d'assister à la scène, son père maintenant fermement sa tête face au spectacle macabre. Le jeune Empereur avait beau pleurer, supplier et hurler, rien ne changea le sort de son bien aimé.
Dans les jours qui suivirent, le royaume fût en fête, célébrant la venue de vingts jeunes vierges, de toutes les races possibles, mais toutes de condition royale. Elles furent présentées à l'Empereur, qui, face à chacune, ne prononçait aucun mot et ne déniait leur adresser le moindre regard. Ce fût donc le paternel, une nouvelle fois, qui prit les devants et organisa un mariage bien plus forcé que ce qu'il ne devait être à l'origine.
L'Empereur fût donc, contre son gré, marié à Ezilya de Rohn, une jeune et fraîche Mahary.
L'Empereur mit fin à ses jours, deux mois après la mort de son compagnon, environ six semaines suite à son mariage, laissant ainsi un royaume dans le deuil et la tristesse, abandonnant une reine désormais veuve, un père esseulé et un trône vide, sans héritier et sans roi pour s'y installer.
De là s'enchaînèrent quelques dirigeants, tous ne restant que peu de temps à la tête de ce qui était jadis le territoire nommé Novaya. De cette ère de joie et de paix ne demeura que tristesse, deuil, désarroi et misère. Les terres s'appauvrirent et les maladies s'installèrent.
- Le Second Empire,
Ère de la Fée noire, une ère de terreur -
Laissé vaquant, le trône attira l'œil de bien des convoiteurs, malheureusement pour eux, les uns après les autres, ils furent éliminés sans distinction. Kérion, qui avait perdu son titre de Libérateur suite à la condamnation à mort qu'il avait infligé à l'amant de son fils, s'était fait comme promesse de se battre pour le peu qui avait été sauvé suite à la mort tragique de l'ancien Empereur, Moko, son fils unique.
L'homme, aux cheveux devenus gris par le deuil et le temps, dévoua son énergie à la préservation des ruines de Novaya.
Le territoire, en proie à un malheur jusque là inconnu, laissait mourir à feu lent ses habitants. Les créatures, aussi fortes soient-elles, périssaient chacune à leur tour, aux prises d'un mal qui rongeait Mériler depuis les Terres Abandonnées.
Entre les arbres morts et les marécages se réveillait un mal, depuis longtemps endormi. Une Yiil, dont le nom avait cesser d'être prononcé et dont l'histoire avait cessé d'exister. Hertén, voilà le prénom que l'on lui avait donné il y a de ça déjà quelques décennies. Enfant déjà, cette créature exprimait son envie de «sauver et purifier» le monde. En grandissant, elle nourrit cette haine qui l'habitait, éprouvant un profond dégoût pour les créatures dîtes impures selon ses propres critères. L'enfant, devenue jeune femme, entreprit d'apprendre une sous-catégorie de la télékinésie, bien plus sombre que la pratique générale. Cette dernière concernait la pratique du sang et la femme pouvait avec la maîtrise de ceci, paralyser ses victimes et aussi bien d'autres choses. Elle s'entraîna durant de longues années et perfectionna son «art».
Se jugeant enfin prête, elle lança une attaque à elle-seule contre le royaume chèrement protégé de Novaya. Elle répandit des maladies dont la source venait de quelques grimoires qu'elle avait dérobés et balaya les terres du mal qu'elle avait nouvellement apprit. Elle paralysait les bonnes gens et les nettoyait de leurs péchés en faisant couler le sang abondamment.
Le royaume céda rapidement à la panique générale. Kérion rassembla des légions et les envoya contrer la maléfique Yiil, mais rien n'y fit, aucune de revint hormis une. Un jeune garçon, faisant partie de la légion survivante, dont la moitié du corps avait déjà été pourrit par une maladie virulente, se présenta face à Kérion. Il avait été maintenu en vie par la bonne volonté d'Hertén dans l'unique but de ramener au «Libérateur» le corps de son fils qui avait été déterré. Cela était signe que la Fée Noire (comme la surnommait les petites gens), était déjà près du trône.
Chacun se rua alors au palais où ils y découvrirent Hertén, assise sur le trône, une couronne en bois posée sur la tête. Elle menaça alors le royaume d'abattre sa colère et ses maladies si le peuple ne se soumettait pas à elle. Bien sûr, déjà bien trop affaibli pour se soulever, ils ne purent faire autre chose qu'accepter platement leur destin. La reine, gagnant officiellement son titre de «Fée Noire» en même temps que la couronne, exerça sur le royaume une autorité de fer. Elle réduisit les plus faibles créatures en esclavage, détourna les impôts à son profit, détruisit les terres où poussaient autrefois les plus beaux arbres et construisit une muraille impénétrable tout autour de la ville qui entourait sa demeure.
Le peuple, désormais confiné entre les murs de la ville, abandonnait lentement l'espoir de mettre fin à cette ère de terreur.
Ce fut au moins deux bonnes semaines à la suite de ces évènements qu'apparut une très jeune Yiil, née dans les petites ruelles de la ville royale et étant devenue esclave pour une Kress sous le règne de sa majesté la reine. Haute comme trois cageots de pommes, l'adolescente compensait sa taille et son âge par une fougue et un courage sans limite. Son maître, un soir profondément endormie, laissant la jeune esclave sans surveillance. Sans plus de préparations, la jeune créature se saisit des clés de l'étable sous laquelle se reposait les vaillants griffons, les redoutables chimères de sa majesté ainsi que quelques autres créatures ailées servant de montures, se glissant dans le bâtiment avec la discrétion d'un félin. Les créatures, utilisées aux combats ou aux simples voyages, étaient cependant fortement liées avec leur maître, et il était de base impossible d'en corrompre une dans le but d'assouvir un but personnel. L'enfant réussit néanmoins à adoucir la nervosité de l'une d'elle, la charmant par sa voix. La créature n'était autre que le griffon de la Fée Noire elle-même.
Pourtant, même liée à leur maître, ces créatures, dotées d'une intelligence remarquables, savent discerner le bon du mal, et l'occasion qu'offrait la jeune esclave était peut-être l'unique chance de rétablir enfin l'ordre sur les terres de Mériler. La fille et l'animal se lièrent donc par la passion du combat et s'infiltrèrent dans les entrailles du château. Les gardes y avaient été doublés ces derniers jours et la tâche avait été rendu compliqué mais ils avaient au final pu rentrer entre deux tours de surveillance.
Découvrant la reine paresseusement assise sur son trône, le duo en profita pour lui bondir dessus, la plaquant au sol et la frappant à maintes reprises. La Fée Noire cependant ne hurla pas ni appela à l'aide auprès de ses gardes, demeurant silencieuse en recevant les coups.
On rapporte de ce combat que la créature était en vérité habitée par un mal affreux, qui avait finis par avoir raison d'elle, lui faisant perdre la raison. Quelques décennies plus tôt, elle avait déjà perdu un combat, et avait été faîte prisonnière dans les profondeurs des Terres Abandonnées, laissée pour morte dans un état comateux. Maintenant qu'elle était revenu, pourri de ce malheur qui s'était insinué en elle durant son sommeil de quelques années, la Yiil avait perdu toutes notions de réalisme et s'était elle-même égarée, aveuglée par cette puissance maléfique qui l'avait choisit elle, pour exercer quelques sombres desseins.
On dit que, à l'agonie et se vidant de son sang, elle aurait puisé dans ses dernières forces pour remonter les marches de marbre sur lesquelles elle mourrait, se rassoyant sur son trône telle une souveraine fière et inébranlable par les évènements.
Rendant son dernier soupire en serrant son couronne de bois, la reine aurait prononcé, à l'intention de l'enfant et de son compagnon de guerre, ces quelques paroles : «À toi, jeune fille de la boue, qui a su voir la noirceur de mon âme, je te remercie d'avoir tué ce mal en son cœur».
C'est ainsi que naquit le Troisième Empire, dernier en date pour l'instant, ayant choisit d'être nommé «Acem», signifiant «Or pur» dans la langue maternelle des Yiils. Il eut alors à sa tête la jeune esclave, répondant au nom d'Estera. Le peuple jeta la dépouille de la Fée Noire dans les eaux qui longeaient la ville royale, la laissant se décomposer au gré des marées et des courants.
- Date de Troisième
Empire à nos jours -
Suite au terme du règne de la Fée Noire, s'installa sur le trône son exécutrice, la très jeune Estera. Liée au griffon qui l'avait épaulé, elle réorganisa le royaume et fit écrouler la muraille qui entourait encore la ville. Elle persuada le peuple de l'innocence de son pouvoir, ne l'utilisant qu'à des fins publiques et altruistes. Elle créa un conseil pour l'accompagner dans ses décisions et instaura l'organisation hiérarchique que l'on reconnaît aux Yiils. Elle forma une armée d'Apohrés et rédigea des lois, avec le soutien de sa préceptrice. Bien que très jeune, elle semblait en connaître bien plus qu'en apparence, ingérant avec aisance toute l'histoire de Mériler, toutes les lois et les retournements historiques.
De là, elle se basa sur les expériences passées pour sauver et redresser le royaume. Acem renaquit alors de ses cendres.
Elle offrit à son peuple des libertés politiques qu'ils n'avaient pas avant Acem, les encourageant à donner leur opinion et à s'exprimer. Elle fût une reine bonne et aimée du peuple, apaisant la haine et le deuil qui se dressaient dans le cœur de chacun. Elle mourût naturellement à l'âge de cent-deux ans, laissant alors le royaume à sa fille, Kem'Ny, déjà formée à la succéder au pouvoir. De là naquit la tradition du passage de pouvoir et une loi fût écrite comme quoi seule les Yiils de sexe féminin serait appelée à monter au trône. L'espèce des Yiils affirma dès lors sa suprématie et construisit la Citadelle au sein de laquelle chacun s'épanouit. L'ancien château fût détruit et la ville royale rénovée. De là se succédèrent de nombreuses générations.
Aujourd'hui, la reine est une créature du nom d'Assehie dont le compagnon est le roi Alexan. Fort appréciés du peuple, ils mènent les terres d'Acem dans le respect et la paix. La souveraine Assehie, connue pour sa folie (au sens propre du terme), a su maîtriser cette dernière et mener le royaume à la baguette, offrant au peuple richesse et paix. Le couple royale assura la descendance et ils eurent une fille, du nom de Naïlyss. Le roi, ayant déjà un fils suite à une aventure auprès d'une Mahary, accueillit la nouvelle avec joie. La princesse naquit alors à la Citadelle et grandit auprès de son demi-frère, Loan, de sa nourrice, Mouhina, ancienne esclave recueillie par la famille royale, ainsi que de Victoire, dirigeante des armées, bras droit de la reine et fidèle servante du frère de cette dernière.
De là s'épanouit la famille royale, heureuse et comblée. Mais une ombre s'ajouta au tableau et le frère de la reine, Moron, maître et amant de Victoire, apparût. Envahit par la jalousie et la haine, l'homme éprouvait pour sa sœur un amour fraternel mais aussi une colère grandissante, envieux de la place hiérarchique qu'avait la reine. Désireux de prendre le pouvoir et de monter sur le trône, il mit à exécution un plan mûrement réfléchit. Lançant un coup d'état, il tenta de renverser le pouvoir.
Arrêté à peine après avoir commencé, Moron fût jugé et condamné, tandis que Victoire fût ignorée. La reine, peinée et prise de compassion pour la situation de son frère, le fit passer devant la cour et renouvela son jugement, le condamnant à devenir le précepteur de sa fille, Naïlyss.
Moron, haïssant plus que tout la progéniture de sa tendre sœur, se vit ainsi contraint à une peine bien plus douloureuse que la mort elle-même.
De là il prit en charge l'éducation et la formation de la future reine, nourrissant pour elle chaque jour, une haine grandissante, et n'oubliant jamais son espoir de monter au trône.
Ainsi continue de s'écrire l'histoire de Mériler, peuplée de créatures et de dangers.


